L'importance de l'astrologie dans l'histoire des sciences n'est pas à négliger; elle a puissamment contribué, à l'origine, à développer l'étude systématique des choses du ciel. Après tout, les prévisions à usage agricole ne demandent pas une grande précision, alors que la supposée nécessité d'avoir des prévisions astrologiques assez fines a poussé les mages chaldéens et chinois - qui étaient, d'une certaine façon, les savants de cette époque - à utiliser leur maigre bagage mathématique pour représenter le mouvement des astres. Ne disposant que de la plus simple arithmétique, ils étaient nécessairement limités, mais l'astrologie est sans doute le premier domaine où l'on ait appliqué systématiquement les mathématiques à l'étude de la nature. Rappelons qu'il ne s'agissait que d'une description instantanée, superficielle, des choses, et que les Grecs ont été les premiers à bâtir une description complète et raisonnée du Cosmos.
Durant très longtemps, dans notre Occident chrétien, il n'y a pas eu de distinction très nette entre Astronomie et Astrologie, dans l'esprit de la plupart des gens. On faisait par contre, sous l'influence de l'église catholique, une distinction très claire entre l'astrologie judiciaire, qui essayait de prédire le futur, et l'astrologie médicale, qui orientait le diagnostic et suggérait le traitement de toute maladie; la première était formellement interdite, et regardée comme relevant de la sorcellerie alors que la seconde faisait partie du paysage universitaire. Les belles horloges astronomiques qui ornent nos cathédrales avaient d'ailleurs souvent une fonction astrologique, comme à Strasbourg où une figure humaine est entourée des signes du Zodiaque, chaque signe étant relié aux parties du corps qu'il est bon de soigner quand ce signe est dominant.
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